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Lire : « Le Slow Sex, s’aimer en pleine conscience »

Et si on acceptait de faire tomber nos préjugés, de bousculer nos idées reçues sur le sexe, et de se faire – enfin – vraiment plaisir en pleine conscience ?

Voilà le grand défi que nous soumet cet ouvrage de Anne et Jean-François Descombes. Un livre à mettre dans toutes les mains !


Contextualisons !


Il y a un paradoxe dans notre société. La sexualité est omniprésente, on en consomme à longueur de journée, même sans le vouloir.

Que ce soit dans les images publicitaires ou dans les films, dans les magazines ou à la télévision. Nous assistons à une hyper-sexualisation de notre environnement.

Pourtant qui a appris comment on fait l’amour ?

La démocratisation de la pornographie a, bien sûr, contribué à notre conditionnement. Les cours de biologie du collège nous ont indiqué le côté mécanique de la chose. Mais en réalité, en faisant du sexe un tabou, nous avons fait de cette pratique un mystère automatisé et déshumanisé.



« On ne nous enseigne pas à faire l’amour, mais avant même d’en avoir fait l’expérience, nous sommes imprégnés de tout un conditionnement.

Enfants, nous captons des éléments dans les sous-entendus des adultes ou leur humour grivois. Plus tard nous échangeons des informations entre adolescents. Mais nous recevons rarement une information concrète sur l’acte sexuel, sur la façon de s’engager dans la rencontre sexuelle, sur les différences de fonctionnement entre le corps de l’homme et celui de la femme »



Le Slow Sex : quésako ?


Le Slow Sex c’est la pratique de la pleine conscience pendant la relation sexuelle.
L’idée est de ralentir, de se recentrer sur soi, de ressentir ses émotions et de se connecter à l’autre.
Il s’agit de se laisser guider par ce que ressent notre corps plutôt que par ce que veut notre tête.

En faisant l’amour, nous sommes souvent plus dans le mental que dans le corps, plus dans les pensées que dans les sensations.

On peut même être complètement ailleurs, s’absenter de soi-même en essayant de deviner ce que son partenaire vit : est-ce qu’il/elle aime ci ou ça ? Si je fais ci, peut-être qu’il/elle va .. ? Là elle/il ne dit rien, je vais essayer autre chose…


La quête insatiable de l’orgasme


Si la poursuite de l’orgasme est devenu l’objectif numéro un, cela nous détourne du moment présent. En anticipant, nous oublions l’instant que nous vivons.

Le fait de viser cet orgasme à tout prix nous fait faire de multiples choses poussant l’excitation à son paroxysme. Nous considérons que c’est la seule façon de faire l’amour. Que c’est l’unique modèle.

Mais cette sexualité conventionnelle devient nécessairement mécanique, ennuyeuse et responsable de tensions.

On caresse son partenaire pour le stimuler, on cherche à l’exciter.

Une fois la pénétration engagée, on bouge vivement pour augmenter la friction entre le pénis et le vagin, et faire monter l’excitation jusqu’à la décharge finale.

En ne percevant les relations sexuelles qu’à travers le prisme de l’orgasme, nous en faisons une source de stress, de compétition et surtout de frustration : ne pas réussir jouir, à faire jouir, ou à jouir en même temps, sont vécus comme autant d’échecs.

L’impuissance, la jouissance ‘précoce’ ou ‘tardive’, le manque de désir, la douleur, la sécheresse, n’ont pas leur place dans la sexualité conventionnelle.


Le Slow Sex vient balayer toutes ces conceptions pour ne retenir qu’une chose : arrêter de rechercher systématiquement l’excitation mais se détendre et faire l’amour dans la relaxation.



« En abandonnant l’idée que tout acte sexuel doit mener à l’orgasme, nous nous détendons.

Si nous n’avons plus à atteindre à tout prix ce but ultime, par l’effort et la tension, nous sommes libérés de la contrainte de ce qui devrait être.

Spontanément, nous réduisons la quantité d’efforts physiques mis en jeu, nous en faisons moins. Nous pouvons accueillir ce que nous vivons, nous ouvrir à notre partenaire et nous abandonner à l’évidence des corps »



Pourquoi ce livre est essentiel


La lecture est rapide, l’écriture est fluide. Cet ouvrage est une pépite que l’on dévore avec attention du début à la fin.

En moins de 240 pages, Annes et Jean-François DESCOMBES nous parlent de l’approche de Diana Richardson sur la sexualité tantrique, de manière simple et efficace.


Ponctué de témoignages, d’idées reçues battues en brèche, d’exercices de méditation et de suggestions de positions, ce livre s’attaque à notre conditionnement.

Les auteurs nous invitent à recentrer nos attentions respectives sur le toucher, la communication verbale, le regard, la respiration, le baiser et le sens de l’humour.

Avec l’ouvrage « Au-delà de la pénétration » de Martin Page, je m’étais intéressé à la relation sexuelle dépourvue de pénétration. J’ai découvert ici des pratiques particulièrement intéressantes comme la pénétration sans érection (eh oui, c’est tout à fait possible), la pénétration millimètre par millimètre, ou encore la pénétration profonde (qui n’a rien à voir avec la vision pornographique).

Ce qui est formidable avec cet ouvrage, c’est que plus qu’une ouverture d’esprit, c’est un shot de déculpabilisation !

Il vient clairement nous dire que bander ou non, éjaculer ou non, rapidement ou « tardivement », avoir mal à certains moments, ne pas être très lubrifié.e ou l’être beaucoup, ne pas atteindre l’orgasme ou l’atteindre facilement, avoir ou non du désir, tout ça ne définit pas la relation sexuelle.

L’important n’est teeeellement pas là ! Mais dans la prise en compte de soi, de ses sensations, de cet instant présent qui fonde l’union des corps et des esprits !

Très franchement, sautez sur bouquin et dévorez-le ! C’est salvateur !



« Ne faites surtout pas du Slow Sex une couche de plus, un truc de plus à performer, à faire, à s’imposer…. Ne prenez aucun élément de ce livre comme un ‘il faut’.

Essayez, observez, vérifiez par vous-mêmes car, en définitive, c’est vous qui savez et c’est en vous que se trouvent les réponses. Laissez simplement ces informations vous questionner, assouplir vos certitudes, provoquer des fissures dans votre conditionnement, laissez-les déstructurer l’édifice, et ouvrez-vous à l’expansion de votre vie sexuelle.

En un mot, faites ce que vous avez toujours fait, en développant plus de présence à vous-même »

Hey ! Moi c'est Charly, 28 ans, végétarien, féministe, backpacker, bobo, et le tutti frutti des clichés de ma génération... Mais bon, trop d'étiquettes tue l'étiquette ! Et puis j'aime pas ça, en plus ça gratte. Plus jeune, on m'appelait Tagada, parce que je ramenais toujours ma fraise. De nature très (trop?) curieuse, j'ai le don de me passionner pour tout et surtout pour n'importe quoi. Suivez-moi, je vais vous montrer tout ça.

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