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Internet et vie privée #1 : la prise de conscience

L’internet nous a littéralement changé la vie, en facilitant les accès et en les rendant plus rapides. Accès à nos proches et nos connaissances, accès aux informations et au savoir, accès aux autres cultures, accès à nos souvenirs… Et tout en nous rapprochant, l’internet nous tient à distance : plus besoin de se déplacer, tout peut se faire depuis son ordinateur ou son smartphone.

Mais pour utiliser les outils du web, nous n’avons pas prêté attention au prix à payer. Et, c’est là ce qui est génial avec l’ensemble des systèmes d’exploitation, des applications, des navigateurs, des moteurs de recherche, ou encore des réseaux sociaux : nous pensons que tout est gratuit, moyennant simplement un abonnement auprès d’un fournisseur d’accès internet. Or, c’est tout simplement faux : « Si c’est gratuit, c’est que vous êtes le produit ! »


Nos données sont leur propriété


Les données personnelles représentent un business juteux pour les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft). On estime que leur valeur tournera dans les 1 000 milliards d’euros en Europe pour cette année 2020.

Si les internautes sont de plus en plus conscients de l’importance de leurs données (le scandale Cambridge Analytica y a contribué), nous nous dirigeons vers une multiplication des appareils connectés et une digitalisation progressive de nos vies. En témoignent le marché des montres connectés, et le récent rachat de Fitbit par Google…

Certains estiment qu’à l’horizon 2025, 75 milliards d’appareils seront connectés à l’internet (contre 25 milliards en 2019). Et, avec ça, ce sera nécessairement une récolte toujours plus importantes de données personnelles !

Si des politiques de protection des données, telles que la RGPD, ont été mises en place, la majorité des internautes (56%) accepte les politiques de confidentialité sans les lire. Et quand bien même les liraient-ils que cela ne changerait pas grand chose.

Ainsi, le 21 janvier 2018, la CNIL a condamné la firme Google à une amende de 50 millions d’Euros « pour manque de transparence, information insatisfaisante et absence de consentement valable pour la personnalisation de la publicité.« 

En septembre 2018, c’est Brian Acton, cofondateur de Whatsapp, qui regrettait d’avoir cédé son bébé au profit de Facebook quatre ans plus tôt (en savoir plus). Il s’exprimait ainsi : « au bout du compte, j’ai vendu mon entreprise. J’ai vendu la vie privée de mes utilisateurs pour un plus grand profit. J’ai fait un choix et un compromis, et je dois vivre avec cette décision chaque jour. »


Et donc ? #Whocare ?


Je m’en fous, je n’ai rien à cacher
Cette phrase, que l’on entend souvent, est juste hallucinante quand on y pense.

Accepteriez-vous que votre boulanger regarde votre sac à main pendant que vous lui achetez une baguette « afin d’améliorer votre expérience client » ?

Accepteriez-vous que le petit monsieur qui vous montre le chemin vous suive et note vos trajets ?

Accepteriez-vous de donner une copie de toutes vos photos de famille à un inconnu vous assurant qu’il est expert dans la conservation des données ?

Accepteriez-vous que quelqu’un vous suive dans un supermarché et note scrupuleusement tous les produits que vous prenez, ceux dont vous regardez l’étiquette, ceux que vous reposez, tout en calculant la durée de vos manipulations ?

Evidemment que non… Pourquoi ? La raison est simple, vous avez un visage devant vous, une personne physique. Et vous comprenez, à l’instant où on vous le demande, à l’instant où l’on ouvre votre sac, à l’instant où l’on vous épie, ce qui se joue derrière.

La magie de l’internet, c’est de vous faire accepter passivement l’intrusion, sans vous le dire pleinement, sans vous indiquer quand seront utilisées vos données ni comment. Tout est abstrait et indolore.

Mais l’acceptation est sans retour. Une fois vos informations collectées sur des serveurs étrangers, il n’y a plus de marche arrière possible, jamais.


Mais je ne publie jamais rien de toute façon…


Ce serait une erreur de penser que les GAFAM ne se nourrissent que de vos publications. Au contraire, tous vos clics sont étudiés minutieusement. A tel point que par recoupements, il devient possible de géolocaliser votre domicile, de savoir qui sont vos ami.e.s, de connaître votre branche d’activité, vos pathologies et celles de vos proches, vos pratiques sexuelles, etc.

Par curiosité, vous pouvez connaître l’étendue des données que vous cédez quotidiennement à ces géants du web. Histoire de vérifier que vous êtes toujours ok avec ça. Vous risquez sûrement d’être surpris.e !

S’agissant de Facebook, vous disposez de cette possibilité via les paramètres > « vos informations Facebook » > « télécharger vos informations Facebook ».

S’agissant de Google, vous pouvez le faire directement via ce lien : https://takeout.google.com/?pli=1


Bon ok, j’ai cédé des données. Mais ça ne va servir que pour du ciblage publicitaire, non ?


Là encore, ce serait une erreur de le penser. Une fois que vous cédez des droits sur des données, sur une image, sur une publication, vous n’en n’êtes plus maîtres. Et celui qui en devient propriétaire peut en jouir comme bon lui semble. Il peut les revendre par exemple.

Vous pourriez très bien voir une photo de votre famille sur une brique de lait américaine, ou une photo de vous sur une publicité suisse visant à traiter des hémorroïdes !

Vos données peuvent également faire l’objet de piratages à des fins de chantage, d’extorsion, d’usurpation d’identité, ou d’escroquerie.

Enfin, nous, les occidentaux, avons tendance à croire la démocratie comme un état stable et protecteur. C’est oublier l’efficacité des services de renseignements nationaux. Et la facilité avec laquelle un Etat, aussi démocratique qu’il puisse être, peut emprunter quelques raccourcis avec les droits de l’homme en cas de repli identitaire ou d’attaque sur le territoire.


Alors ? Décidé.e à reprendre le contrôle ?
Je vous donne quelques astuces dans cet article !

Hey ! Moi c'est Charly, 28 ans, végétarien, féministe, backpacker, bobo, et le tutti frutti des clichés de ma génération... Mais bon, trop d'étiquettes tue l'étiquette ! Et puis j'aime pas ça, en plus ça gratte. Plus jeune, on m'appelait Tagada, parce que je ramenais toujours ma fraise. De nature très (trop?) curieuse, j'ai le don de me passionner pour tout et surtout pour n'importe quoi. Suivez-moi, je vais vous montrer tout ça.

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