Instant Culture

A lire : « Au-delà de la pénétration » de Martin Page

Le titre interpelle. Il interroge. Qu’avons nous en face de nous quand nous tenons cet ouvrage qui détonne ? Une pépite ! C’est certain !


Où l’ai-je déniché ?

Pas facile de trouver ce livre : il n’est pas disponible en librairie ; l’auteur nous raconte d’ailleurs les difficultés de l’édition, les promesses et puis les absences de réponses. Non, pour le trouver j’ai dû le commander sur Monstrograph, micro-maison d’édition associative créée par Martin Page et Coline Pierré. 


« La question est : y a-t-il des pratiques obligatoires ? Si dans un couple, la pénétration (ou toute autre pratique sexuelle) n’était pas (ou plus) possible (ou pas ou plus souhaitée), est-ce que ce serait vraiment une tragédie ? Si ma compagne ne veut plus être pénétrée, si mon compagnon ne bande plus, est-ce forcément la fin du désir et du plaisir ? Ou bien est-ce l’occasion d’être créatifs ?

J’ai l’impression qu’on perd de vue la réalité : la sexualité n’est pas limitée à un organe et à un geste. Elle peut prendre de nombreuses formes, elle ne devrait pas être réductible, limitée à « c’est soit ça, soit rien ». Penser que la fellation est le « ciment du couple », que la pénétration est obligatoire, que n’importe quel acte est nécessaire me semble une triste, destructrice et peu imaginative manière de voir les choses ».


Quésako ?


Depuis des millénaires, les gens s’emboîtent sans réfléchir. Sans jamais s’être demandés pourquoi le faire, et pourquoi ne pas le faire. Il paraît que cela procurerait du plaisir.
Pour l’homme c’est certain. Pour la femme, c’est moins sûr.

Mais l’éjaculation signe à coup sûr la fin de la relation sexuelle. Et tant pis si Madame n’a pas pris son pied. Elle est sans doute frigide, pas douée, ou comme l’a martelé Freud : immature. C’est à elle de culpabiliser.


Martin Page soulève un lièvre :
La pénétration vaginale « marche mal, ce n’est pas la meilleure manière d’avoir du plaisir, et pourtant c’est la norme. (…)
Si la sexualité était une question de plaisir, les femmes seraient moins pénétrées et les hommes le seraient davantage. »


« Parfois la pénétration n’est tout simplement pas possible, ou elle est douloureuse ou compliquée. Parce que le corps la refuse (pour des raisons psychologiques, pour cause de vaginisme, à cause d’un viol, parce qu’un accouchement a eu lieu il y a peu, par manque d’envie), parce que l’homme a des problèmes pour bander (pour des raisons psychologiques ou physiologiques, parce qu’il souffre d’un cancer de la prostate, parce qu’il a peur d’entrer dans le corps de quelqu’un d’autre, qu’il est intimidé, fatigué, parce qu’il préfère d’autres pratiques) ou qu’il a un sexe très large ».


En bref

Ce livre n’est pas vraiment un pamphlet, pas davantage une thèse ou un essai anthropologique. Ce n’est pas le but. Il ne répond pas à la plupart des questions qu’il soulève.
Mais il a le mérite de pointer du doigt une pratique qui semble évidente pour tous, et qui, pourtant, stigmatise sans relâche.

Un ouvrage qui se divise en trois parties : d’abord une sorte d’introduction, puis un avant-propos, et enfin une pléiade de témoignages anonymes bouleversants recueillis par l’auteur, pour majorité féminins, mettant en exergue à quel point le sujet est trop important pour ne pas être pensé.


« J’aimerais que ce livre serve à une chose : dire aux femmes qui n’aiment pas la pénétration : tout va bien, vous avez le droit, ce n’est pas une pathologie (…), vous êtes entières et fabuleuses, vos partenaires n’ont pas à exiger la pénétration vaginale ou anale dans une relation avec vous, ils n’ont pas à exiger de fellation non plus. Rien n’est obligatoire, tout est possible ».


27 ans, végétarien, féministe, backpacker, bobo, et le tutti frutti des clichés de ma génération... Plus jeune, on m'appelait Tagada, parce que je ramenais toujours ma fraise. De nature extrêmement curieuse, j'ai le don de me passionner pour tout et surtout pour n'importe quoi. Entrez, je vais vous montrer tout ça.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *